Test — compact numérique
Canon PowerShot SX210 IS : un 14× emmené au bord de l’eau
Un compact de 2010 qui annonce un zoom 14× sur sa façade, une rivière bretonne un matin de juin, et un chien qui n’attend pas. Nous avons emmené le Canon PowerShot SX210 IS en balade pendant une demi-heure, sans rien préparer, pour voir ce qu’il donne quand on l’utilise comme on utilise vraiment un compact : en marchant.
29 photos non retouchées · 26 minutes de balade · Au bord d’une rivière, en Bretagne

Le décor : une rivière, un chien, et vingt-six minutes
Pas de mise en scène. Un matin de juin, un chemin qui longe l’eau, et Taïko — un chien noir et blanc qui décide de l’itinéraire. L’appareil est resté dans la main, allumé, et a servi quand quelque chose se présentait : un champ d’épis, une fleur de liseron, le fond de la rivière, le chien qui traverse.
C’est exactement la situation pour laquelle ces boîtiers ont été vendus par millions entre 2008 et 2012, et c’est celle où on peut les juger honnêtement. Les horodatages des fichiers donnent le tempo : première image à 9 h 58, dernière à 10 h 24. Vingt-six minutes, vingt-neuf photos.
Ce que disent les fichiers
Les valeurs ci-dessous sont relevées dans les données EXIF des 29 images, telles qu’elles sont sorties de l’appareil. Rien n’a été retouché, rien n’a été trié pour arranger le résultat.
| Relevé | Sur les 29 photos |
|---|---|
| Sensibilité | de ISO 80 à 640 — six valeurs différentes selon l’ombre |
| Vitesse | de 1/60 s à 1/1250 s |
| Ouverture | de f/3,1 à f/4,5 |
| Focales utilisées | de 5,0 mm à 15,3 mm, soit 28 à 86 mm en équivalent 24×36 |
| Flash | resté en automatique, déclenché 2 fois sur 29 |
| Cadrage | 12 photos à l’horizontale, 17 à la verticale |
Le zoom 14×, et pourquoi on ne s’en sert pas
C’est le paradoxe de cette catégorie d’appareils. Le 14× est ce qui les fait acheter, et c’est la partie dont on se sert le moins. En balade, le sujet est devant vous : la rivière, les herbes, le chien à trois mètres. Le grand-angle sert à tout. Le téléobjectif ne sort que pour un oiseau ou un détail hors de portée — deux ou trois fois par sortie, pas plus.
Ce n’est pas un reproche fait au SX210 : à 28 mm il est à f/3,1, à sa meilleure ouverture, et c’est là que son optique est la plus propre. Le bon réflexe avec ce boîtier est donc l’inverse de ce que promet sa façade — rester au grand-angle et se rapprocher à pied.
Les paysages
Onze images à l’horizontale. Faites glisser pour les parcourir, ou cliquez pour les agrandir.











Les verticales
Quinze images à la verticale : les troncs, les berges, le fond de l’eau. C’est le cadrage qui vient naturellement quand on suit un cours d’eau.















La couleur, et le fond de l’eau
C’est l’image sur laquelle nous jugeons la colorimétrie d’un compact : des galets sous quelques centimètres d’eau claire, en plein soleil. Il faut tenir l’ocre, le gris et le vert sans que l’ensemble vire au jaune ni au bleu. Le SX210 s’en sort bien, avec une légère tendance chaude qui va plutôt bien au sujet.

Quand le soleil entre dans le cadre
C’est sa limite, et elle est prévisible. L’optique d’un compact de 2010 n’a pas les traitements anti-reflet d’un objectif récent : dès que le soleil est dans le champ, un voile apparaît et le contraste baisse. Sur l’image ci-dessous, le bleu résiste et la traînée d’avion reste dessinée, mais le halo autour du soleil est net.

Ce n’est pas un défaut d’exemplaire : tous les compacts de cette génération se comportent ainsi. Deux pas de côté suffisent à sortir le soleil du cadre — ou on assume l’effet, qui fait partie du rendu que beaucoup viennent chercher aujourd’hui.
Et le chien
Taïko ne pose pas. Il traverse, il boit, il repart. C’est le meilleur test d’autofocus qu’on puisse improviser, et le SX210 s’en tire : au 1/1000 s en plein jour, il fige le mouvement sans difficulté. Le plus dur reste l’exposition — un chien noir et blanc dans l’eau, à contre-jour, c’est l’écart de luminosité maximal sur un même sujet.

Ce qu’il fait bien, ce qu’il ne fait pas
Ses points forts
- Au grand-angle et en plein jour, des fichiers propres et bien exposés
- Une stabilisation optique qui tient les vitesses lentes sous les arbres
- Un écran de 3 pouces, confortable pour cadrer à bout de bras
- Des couleurs légèrement chaudes, agréables sur les sujets naturels
- Il tient dans une poche de veste et s’allume vite
Ses limites
- Le contre-jour direct produit un voile franc : c’est structurel, pas accidentel
- Le zoom perd en piqué et en luminosité en bout de course
- Au-delà d’ISO 400, le lissage du bruit mange le détail fin
- Pas de format brut : ce que l’appareil décide, vous le gardez
Cinq conseils pour en tirer le meilleur
- Restez au grand-angle. Les meilleures images de ce test sont entre 5 et 8 mm, et se rapprocher à pied vaut mieux que zoomer.
- Gardez le soleil dans le dos ou sur le côté. C’est la seule règle qui change vraiment le résultat.
- Sortez tant qu’il y a de la lumière : ce boîtier donne son maximum tant qu’il reste sous ISO 200.
- Laissez le flash en automatique. Sur 29 photos, il n’a jugé utile de se déclencher que deux fois, et il a eu raison.
- Prenez une carte SD de petite capacité plutôt qu’une énorme : les appareils de cette génération sont plus à l’aise avec des cartes modestes.
À qui il s’adresse
À qui cherche un appareil de balade qui n’est pas un téléphone, et qui assume le rendu des compacts de la fin des années 2000 — celui que les filtres imitent sans y parvenir tout à fait. À qui veut un vrai zoom optique dans une poche. Et à qui offre un premier appareil : il est simple, solide, et son prix ne fait pas peur s’il prend l’eau.
En revanche, si vous cherchez la qualité en basse lumière ou le fichier brut à retravailler, ce n’est pas le bon boîtier. Regardez plutôt du côté des appareils photo numériques à plus grand capteur.
Questions fréquentes sur le Canon PowerShot SX210 IS
Le zoom 14× est-il vraiment utilisable ?
En plein jour, oui. Mais comme sur tous les compacts de cette génération, il perd en piqué et en luminosité en fin de course — l’ouverture tombe à f/5,9 à 392 mm. Sur ce test, nous ne sommes jamais allés au-delà de 86 mm en équivalent : les meilleures images sont au grand-angle. Considérez le zoom comme un dépannage.
Pourquoi mes photos sont-elles voilées à contre-jour ?
Ce n’est pas un défaut de votre exemplaire. L’optique de ce type de compact n’a pas les traitements anti-reflet des objectifs récents : dès que le soleil entre dans le cadre, un voile apparaît et le contraste s’effondre. Déplacez-vous de quelques pas pour le sortir du champ, ou assumez l’effet.
Quelle carte mémoire pour le SX210 IS ?
Une carte SD ou SDHC de 4 à 16 Go suffit largement. Les appareils de cette génération n’acceptent pas toujours les cartes SDXC de grande capacité, et une carte modeste reste plus sûre. Nous en vendons au rayon cartes SD.
Quelle est la différence avec le SX220 ou le SX230 ?
Le SX210 IS est sorti en 2010 avec un capteur de 14 mégapixels et un zoom 14×. Les SX220 et SX230 HS lui ont succédé en 2011 avec un capteur rétroéclairé, plus à l’aise en basse lumière, et le GPS sur le SX230. Pour un usage de plein jour, l’écart se voit peu.
Filme-t-il en HD ?
Oui, en 720p à 30 images par seconde, avec le son. Le zoom optique reste utilisable pendant l’enregistrement, ce qui n’allait pas de soi à l’époque.
Vos photos sont-elles retouchées ?
Non. Les 29 images de cet article sortent de l’appareil telles quelles, redimensionnées pour le web et rien d’autre. Aucune correction de couleur, de contraste ou d’exposition. C’est la règle pour tous nos tests.