Test — compact numérique
Fujifilm FinePix XP15 : un compact étanche rose à l’épreuve de Paris
Il a été conçu pour la plage, la piscine et les chutes dans le sable. Nous l’avons emmené ailleurs : quelques heures dans Paris, de la lumière de fin de journée jusqu’aux néons. Voici ce que donne vraiment ce petit Fujifilm rose quand on le sort de son terrain de jeu — huit photos non retouchées, les réglages relevés dans les fichiers, et ce qu’il faut savoir avant d’en acheter un.
Testé à l’atelier puis en extérieur·8 photos non retouchées·Balade à Paris, fin de journée et nuit

Un appareil pensé pour tomber à l’eau
Le XP15 appartient à cette famille d’appareils que Fujifilm a construits pour être maltraités. C’est écrit sur le boîtier, en toutes lettres : water, shock, dust, freeze proof. Étanche jusqu’à trois mètres, capable d’encaisser une chute d’un mètre cinquante, insensible au sable et au froid.
Ce cahier des charges explique tout le reste. L’objectif ne sort jamais du boîtier — le zoom travaille derrière une fenêtre fixe, sinon l’étanchéité serait impossible. Les commandes sont grosses, espacées, utilisables avec les doigts mouillés. Et l’ouverture reste modeste, autour de f/4, parce qu’un bloc optique lumineux dans un boîtier scellé de cette taille n’existait tout simplement pas à ce prix.
Autrement dit : c’est un appareil de plein jour. La question intéressante, c’est de savoir jusqu’où on peut l’emmener avant que ça se voie.
Ce que dit la fiche, ce que disent les fichiers
| Capteur | 12 mégapixels — fichiers de 4000 × 3000 px |
|---|---|
| Objectif | Fujinon 5×, équivalent 36–180 mm |
| Ouverture relevée | f/4 au grand-angle, f/4,5 vers 60 mm |
| Sensibilités utilisées ce jour-là | ISO 100 à 800 |
| Écran | 2,7 pouces, traitement antireflet |
| Étanchéité | 3 mètres |
| Résistance aux chutes | 1,5 mètre |
| Vidéo | 720p |
| Aides | détection des visages et des sourires |
En ouvrant les photos, les métadonnées annoncent un FinePix XP10 et non un XP15. Ce n’est ni une erreur ni un appareil mal étiqueté : le XP15 fait partie de la série XP10 de Fujifilm et en partage le firmware. Le CD d’installation livré à l’époque avec l’appareil porte d’ailleurs la mention « FinePix XP10 Series ». Si vous achetez un XP15 d’occasion et que le logiciel affiche XP10, tout va bien.
Sur ces boîtiers restés des années dans un tiroir, la pile de sauvegarde a rendu l’âme et l’horloge revient à sa date d’usine. Les huit photos de cette balade sont datées de janvier 2010 alors qu’elles ont été prises cet été. Ça ne change rien à l’image, mais ça rend le classement impossible. Deux minutes dans le menu au premier démarrage vous éviteront ça.
La balade, heure par heure
Fin de journée : là où il n’a rien à prouver

À cette heure, il a tout ce qu’il lui faut. La lumière rasante attrape les moulures, le ciel reste bleu au lieu de partir en gris, et la pierre garde le ton chaud qu’elle a vraiment. Les couleurs sortent franches, un peu appuyées dans les rouges — c’est la signature de cette génération de compacts, et c’est précisément ce que beaucoup viennent y chercher aujourd’hui.
À ISO 100 et 1/170 s, le fichier est propre. Regardé à taille d’écran, rien ne trahit l’âge de l’appareil.
Sous la verrière : là où la dynamique s’arrête

Une galerie couverte, c’est un contre-jour brutal : du ciel plein cadre d’un côté, de la pierre à l’ombre de l’autre. Le XP15 fait un choix, et il le fait franchement : il tient le ciel et abandonne les ombres. Les bas-reliefs et les moulures du pourtour deviennent des silhouettes.
C’est la limite la plus visible de l’appareil. Sur un capteur de cette taille et de cette époque, il n’y a pas de latitude à récupérer dans les ombres : ce qui est noir est perdu. À vous de choisir votre camp au moment de la prise de vue, en visant plutôt la zone que vous voulez garder.
Le crépuscule : la vitesse commence à tomber


À gauche : ISO 200, f/4,5 à 60 mm, 1/17 s. À droite : ISO 200, f/4, 1/27 s.
Les terrasses arrivent au moment où l’appareil commence à travailler. Il monte à ISO 200 et laisse filer la vitesse : 1/27 s, puis 1/17 s dès qu’on zoome un peu. À ces vitesses-là, à main levée et sans stabilisation efficace, le flou de bougé n’est plus une hypothèse.
La photo de gauche reste nette parce que la scène est immobile et le geste posé. Celle de droite montre déjà ce léger fondu qui trahit la main. Ce n’est pas forcément un défaut — beaucoup aiment cette texture — mais il faut le savoir plutôt que le subir.
La nuit : grain, halos et néons

Un quart de seconde à main levée, à ISO 800. Sur le papier, c’est une photo perdue. En pratique, elle tient : le lampadaire éclate en étoile, les guirlandes bavent un peu, la vigne vierge vire au rouge sombre. C’est bruité, c’est mou dans les coins, et c’est exactement le rendu que cette génération de compacts produit la nuit.

Les enseignes lumineuses lui réussissent bien mieux. Quand la scène contient sa propre source de lumière, l’appareil redescend à ISO 100, la vitesse remonte, et le néon garde sa couleur au lieu de baver en blanc. C’est le meilleur usage nocturne de ce boîtier : viser ce qui brille, pas ce qui est éclairé.


Deux façons de gérer la nuit : laisser le noir être noir, ou se laisser porter par une lumière colorée.
La rue sombre montre la même chose que la verrière, en inversé : tout ce qui n’est pas directement éclairé disparaît dans le noir. La vitrine verte, elle, est la bonne surprise de la soirée — face à un éclairage artificiel très saturé, la balance des blancs ne panique pas et laisse la dominante s’exprimer au lieu de la corriger à moitié.
Ce qu’il fait bien, ce qu’il ne fait pas
Ses points forts
- Des couleurs franches et chaudes en lumière du jour
- Un rendu « digicam » recherché, sans filtre ni retouche
- Un boîtier qu’on n’a pas à surveiller : eau, sable, chutes
- Aucun objectif qui sort : rien à casser dans une poche
- Des fichiers de 12 Mpx, largement suffisants pour l’écran et le tirage courant
Ses limites
- Une dynamique courte : en contre-jour, les ombres sont perdues
- Une ouverture modeste qui fait chuter la vitesse dès le crépuscule
- Du bruit visible à partir d’ISO 400
- Un zoom qui coûte cher en lumière au-delà du grand-angle
- Un écran de 2,7 pouces peu précis pour juger la netteté sur place
À qui il s’adresse
À qui veut un appareil qu’on emmène là où on n’ose pas sortir son téléphone : la mer, la piscine, un festival sous la pluie, une randonnée. C’est son terrain, et sur ce terrain il n’a pas de concurrent à ce prix.
À qui cherche le rendu des compacts numériques des années 2010, aussi : cette couleur un peu appuyée, ce grain, ces halos autour des lumières. Si c’est ce qui vous attire, regardez aussi le reste de nos compacts numériques d’occasion — et notre test du Fujifilm FinePix AV100, du même fabricant, dans un registre plus simple encore.
En revanche, si vous photographiez surtout en intérieur ou de nuit, passez votre chemin : ce n’est pas une question de savoir-faire, c’est une question d’ouverture et de capteur.
Cinq conseils pour en tirer le meilleur
- Réglez la date au premier démarrage. Sinon vos fichiers seront datés de 2010 et impossibles à classer.
- Photographiez avant que la nuit tombe. L’heure qui précède le coucher du soleil est celle où cet appareil donne le meilleur de lui-même.
- Approchez-vous plutôt que de zoomer. Au grand-angle il ouvre à f/4 ; au bout du zoom vous perdez de la lumière et de la netteté.
- Calez-vous. Un mur, une table, une rambarde : en dessous de 1/30 s, c’est ce qui fait la différence entre une photo et un souvenir flou.
- Rincez-le à l’eau douce après la plage et vérifiez que le joint de la trappe est propre avant chaque baignade. C’est ce joint, et lui seul, qui tient l’étanchéité.
Comment nous l’avons vérifié
Cet exemplaire est passé par l’établi avant de partir en balade : nous vérifions l’allumage, le zoom, l’écran, le déclenchement, le flash, la lecture des cartes et l’état des joints. Le détail de ce que nous contrôlons sur chaque pièce est décrit dans notre méthode de test, et la façon dont nous notons l’usure dans états et garanties.
Toutes les photos de cette page sortent de la carte sans retouche : pas de recadrage, pas de correction de couleur, pas de débruitage. Elles ont seulement été converties en WebP pour que la page reste légère à charger.
D’autres essais du même genre ? Ils sont rassemblés dans le journal de l’atelier. Et si vous avez un compact de cette génération qui dort dans un tiroir, nous en rachetons régulièrement : dites-nous ce que vous avez.
Questions fréquentes sur le Fujifilm FinePix XP15
Le FinePix XP15 est-il vraiment étanche ?
Oui, c’est un boîtier scellé, conçu pour la plage, la piscine et la poussière. C’est ce cahier des charges qui explique le reste de sa conception, à commencer par un objectif qui ne sort jamais du boîtier.
Pourquoi son objectif ne sort-il pas ?
Parce qu’un zoom qui se déploie serait une entrée d’eau. L’optique travaille derrière une fenêtre fixe : c’est la condition même de l’étanchéité, et cela le rend aussi plus résistant au sable.
A-t-il un intérêt en dehors de la plage ?
C’est justement ce que nous avons voulu vérifier en le sortant dans Paris. Il donne un rendu franc en lumière de jour ; en fin de journée et de nuit, il faut accepter ses limites et jouer avec.
Quelle carte mémoire lui faut-il ?
Une carte adaptée à sa génération plutôt qu’une carte récente de grande capacité, que ces boîtiers ne reconnaissent pas toujours. Le format attendu est précisé sur la fiche produit ; voir nos cartes SD.